Contribution : « À Augustin et Matar Ba, Sadio Mané, un patrimoine national à ne pas toucher ! »

Les réactions ont été unanimes sur les sorties de Me Augustin Senghor, président de la Fédération sénégalaise de football et de Matar Ba, ministre des Sports, en réponse aux critiques de Sadio Mané, sur l’état défectueux de la pelouse du stade Lat Dior de Thiès. Les deux responsables du sport ont complètement passé à côté de l’essentiel en décidant de répondre au ballon d’or sénégalais.

Sadio est un patrimoine national, le porte étendard du drapeau sénégalais, une fierté de tout un peuple. Ce n’est guère un simple hasard s’il a été reçu récemment au Palais de la République avec les honneurs par Son Excellence le Président Macky Sall.

Sadio est l’exemple type de ce sénégalais valeureux, ce self-made-man qui aura tout enduré comme calvaire durant sa jeunesse et qui s’est dit dans un coin de la tête qu’il fallait se battre à tout prix pour réussir à s’imposer dans la vie.

A Génération Foot, Sadio sans chaussures appropriées pour le football, a réussi à convaincre ses dirigeants jusqu’à les amener à le transférer dans l’hexagone. Au FC Metz, malgré sa maladie et le désaccord de ses parents, il s’est frayé un chemin. En Autriche, particulièrement au Redbull Salzburg, Sadio a réalisé le doublé Coupe-championnat. C’était lors de la saison 2013-2014.

A Southampton, Mané a battu le record du triplé le plus rapide de l’histoire de la Premier League un certain 16 mai 2015, en 2 minutes 56 secondes lors de leur victoire (6-1) contre Aston Villa.

Une icône du football sénégalais !

Sa force, son courage, sa vision et sa volonté de réussir ont surpris son monde, mais pas les dirigeants de Liverpool, convaincu de son potentiel apport dans le secteur offensif. D’ailleurs, les Reds l’ont recruté le 28 juin 2016 pour 34 millions de Livres Sterling.

Au bord de la Mersey, l’enfant de Bambali, comme nous l’appelons affectueusement, a confirmé ses performances, aidant Liverpool à jouer la finale de la Champion’s League (défaite 1-3 face au Real Madrid de Zinedine Zidane), avec à la clé une réalisation en finale (une première pour un footballeur sénégalais). L’année suivante, aura été la bonne. Il remporte haut la main cette prestigieuse compétition européenne avec un penalty provoqué en début de rencontre (2-0 Tottenham). Cette performance faisait de lui le second sénégalais à avoir gagné la Ligue des Champions après Salif Diao en 2005 sous les couleurs de Liverpool.

Auréolé de ce titre, Sadio gagne la Premier League en 2019-2020 (encore une première), la Super Coupe d’Angleterre, la Super Coupe d’Europe et le mondial des clubs.

Chez nos Lions, il termine finaliste de la CAN 2019, mais devient quelques mois plus tard ballon d’Or Africain, devenant du coup le deuxième sénégalais (après El Hadji Diouf en 2001 et 2002). On espère toutefois qu’Edouard Mendy remporte le suivant.

En équipe nationale toujours Sadio est devenu une icône grâce à ses performances et sa longévité, en attestent ses 23 buts marqués.
Il commence à vaincre le signe indien sur les penalties qui étaient son maillon faible.

La voix des sans-voix

Tout ce rappel historique est connu par le commun des Sénégalais, mais il fallait effectivement l’évoquer pour faire comprendre à nos dirigeants comment ce gamin d’un petit village de la Casamance a réussi à tracer son chemin glorieux dans football mondial.

Aujourd’hui, à la face du monde, il représente le drapeau sénégalais, il est le porte-étendard de tout un peuple. Il est le porte-parole, la voix des sans-voix. Il est courageux. Il a osé dire tout haut ce que d’autres pensaient, mais disaient tout bas.

Il fallait le remercier pour cette prise de parole. Il fallait se remettre en cause, tout en disant que Sadio a agi au nom du peuple, au nom de ses coéquipiers qui se démerdent sur cette pelouse « catastrophique » du stade Lat Dior de Thiès.

Sadio est l’exemple type de ce Sénégalais souffrant à ses débuts et qui par croyance réussit à s’imposer sur le plan mondial. Dès « Sadio Mané » le Sénégal en rêve et en reverra pour toujours.

Ce n’est pas pour rien qu’il a construit un hôpital à coup de 350 millions de Fcfa sur fonds propres dans son village à Bambali pour le remettre à la disposition du peuple sénégalais à travers l’Etat. Un geste noble à saluer.
De grâce, préservons ce patrimoine-là.
C’est un honneur pour tout un peuple.

Par Papa Waly NDAO, Louisville (Kentucky, Etats-Unis)

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